Information

Nos adhérents partagent leur expérience sur la crise sanitaire

28 Juillet 2020
Nous sommes allés à la rencontre de nos adhérents pour échanger sur leur expérience durant la crise sanitaire. Découvrez les témoignages de Claire de FARIA, Responsable formation et GPEC et de Ravia JOURDE, Directrice pédagogique de l'Institut de formation de la Fondation Partage et Vie*, suivi de ceux de Nicolas de Monteville, Directeur général, et Anne-Marie Peborde, Directrice adjointe en charge des ressources humaines de l’Association Saint Joseph dans les Pyrénées-Atlantiques.

Comment avez-vous traversé cette crise sanitaire ?

« Durant la crise, les établissements ont globalement pu poursuivre leur activité sans trop de difficulté. Il y a eu beaucoup de solidarité entre les salariés, et cela nous a permis d’adapter plus facilement nos organisations en interne. Nous avons réussi à éviter le chômage partiel et n’avons pas rencontré de difficultés de recrutement – grâce entre autres à l’application mise à disposition par l’ARS (agence régionale de santé), laquelle permet de rechercher de ressources de manière efficace. » 

Vous a-t-il été possible mettre en place des outils de formation durant cette période ?

« Oui, tout à fait. Durant la période de confinement, nous avons pu déployer des projets en e.learning, notamment sur les gestes protecteurs, les précautions standard et la bureautique. L’adversité de la situation nous a poussé à déployer rapidement les formations en ligne. Nous devions répondre rapidement, efficacement et au plus près des professionnels engagés sur le terrain. »

« Nous avons voulu les accompagner en facilitant leur apprentissage sur la thématique capitale des gestes protecteurs. Très vite, la formation « 1h chrono pour adopter les bons gestes d’hygiène » développée en interne a été mise à la disposition de nos 120 établissements. La formation, rapide et simple d’accès, peut être suivie en équipe ou en individuel, sur l’ordinateur ou sur smartphone. Un autre avantage est qu’elle peut être proposée par les directeurs des établissements à chaque nouveau collaborateur au moment de son arrivée. Ainsi, dès sa prise de poste, le salarié est opérationnel. »

Après le déconfinement, avez-vous poursuivi les formations d’e.learning ?

« Oui, nous avons poursuivi dès l’été en organisant une formation sur la prévention des risques liés à la canicule pour l’ensemble des professionnels de Partage & Vie. Nous avons également mis en place deux autres formations à destination des équipes du siège, sur les gestes barrières et la distanciation physique ».

Quelles sont vos perspectives de formation en cette rentrée particulière de 2020 ?

 « La rentrée s’annonce dynamique avec le redéploiement, entre septembre et janvier 2021, de toutes les formations en présentiel initialement prévues en début d’année. Nous souhaitons également travailler sur une stratégie de formation pour les trois prochaines années, en y intégrant notamment des questions sur le recrutement en alternance, sur les parcours professionnels métiers - tels que les formations d’Agent de soins et d’Assistant de soins en gérontologie. »

« Partage & Vie a également pour ambition de poursuivre le développement de l’Institut de la formation : celle-ci a pour objectif de répondre en priorité aux besoins de formation de nos collaborateurs. Ce projet d’Institut vise la formation professionnelle continue, aussi bien sur le plan de l’expertise métiers que sur l’expertise managériale, en tenant compte des évolutions et des outils pédagogues innovants. »

La Fondation Partage & Vie, anciennement Fondation Caisses d’Épargne pour la solidarité (FCEs), lutte contre toutes les formes de dépendance liées à l’âge, à la maladie et au handicap. Elle est présente dans 17 territoires.

Du point de vue des salarié.es, comment ont-ils appréhendé la crise ?

 « Tout d’abord, le personnel a relaté sa stupeur face à l’ampleur de la crise. Puis, une cohésion d’équipe s’est naturellement instaurée pour protéger au mieux les résidents. Les barrières entre professions sont tombées permettant ainsi de mieux connaître et comprendre l’importance du rôle de ses collègues.

« La créativité a d’ailleurs tenu une grande place dans notre quotidien. Nous avons réinventé des modes de fonctionnement, d’une part parce que les résidents étaient confinés dans leur chambre et d’autre part, parce que les procédures évoluaient chaque jour selon l’évolution de la pandémie. Nous avons recruté en CDD un kinésithérapeute dont le rôle a été déterminant pour maintenir la mobilité des résidents. »

Avez-vous pu mettre en place des solutions pour faciliter la vie des salarié.es ?

"Oui, nous avons veillé à ce que les salarié.es prennent les congés prévus durant le confinement afin qu’ils puissent se reposer. Le personnel administratif quant à lui, était en télétravail. Pour ce qui est du matériel, nous avions anticipé en commandant un grand nombre de masques lorsque les actualités ont commencé à parler de la crise en Chine. Nous avons agi sur un principe de précaution qui s’est avéré gagnant et conséquemment n’avons pas eu de restriction de masques. En parallèle, nous avons bénéficié de la solidarité d’entreprises qui nous ont fait don de tablettes numériques pour créer du lien social."

Découvrez à présent les témoignages de Nicolas de Monteville, directeur général, et Anne-Marie Peborde, directrice adjointe en charge des ressources humaines de l’Association Saint Joseph* dans les Pyrénées-Atlantiques.

Comment avez-vous abordé cette crise sanitaire ?

« La première question qui s’est imposée à nous était : comment prendre les bonnes résolutions durant cette période ? Nous pressentions que ce serait inédit, même si nous n’avions pas imaginé l’ampleur de la crise ni sa durée. Nous avons rapidement mis en place un comité de pilotage composé du comité de direction et de deux médecins de l’Association. Nous nous sommes réunis chaque matin pour analyser toutes les informations en provenance des Ministères, de l’ARS (agence régionale de santé), des familles, du personnel… et ainsi décider de consignes adaptées aux résidents en fonction de l’évolution de la pandémie. En fin de matinée, nous informions l’ensemble des responsables d’établissements par conférence téléphonique, des nouvelles directives à mettre en œuvre. Dans le même temps, nous récupérions les remontées d’informations des structures pour sécuriser au mieux nos maisons. »

Avez-vous pu mettre en place des solutions pour maintenir le lien entre les résidents et leurs familles ?

"La situation exceptionnelle a fait naître une grande créativité, notamment autour des modes de fonctionnement. Ainsi, nous avons eu recours à la mise en place d’un canal d’information « Fil Actu » alimenté chaque jour, pour donner une visibilité aux familles des activités menées en interne, en joignant des photographies de leurs proches.

En parallèle, nous avons abonné tout le monde à FAMILEO. C’est une application accessible sur smartphone, qui offre la possibilité aux familles de poster des messages, des photographies familiales, en quelques clics. Tous les messages sont automatiquement mis en forme puis imprimés en une gazette papier individualisée. L’idée était de mettre « des ponts entre les murs ».

« Nous avons également réalisé le 30 avril dernier, un live sur Youtube, à destination de toutes les familles, pour expliquer les perspectives de la crise dans les semaines à venir. Les familles pouvaient envoyer leurs questions par sms et nous y répondions en fin d’émission. »

Comment s’est déroulé le déconfinement pour les salarié.es ?

 « La gestion psychologique liée au déconfinement a été difficile pour les équipes. Il a fallu laisser entrer le risque dans les établissements avec le retour des familles, ce qui a généré beaucoup de stress pour les soignants. Cette crise sanitaire, en nous forçant à nous adapter très vite, a généré un travail considérable pour tous les métiers. La sensation ressentie était que nous réalisions un sprint sur la durée d’un marathon. Une évidence s’est imposée à tous : il est nécessaire de donner plus de moyens aux EHPAD pour qu’ils puissent mener à bien leurs missions. »

Quelles sont les perspectives en cette rentrée particulière de 2020 ?

 « L’activité RH étant revenue à la normale, nous allons pouvoir reprendre les formations qui n’ont pas pu être réalisées au premier semestre. Nous allons prioriser le présentiel afin de favoriser une dynamique des équipes sur d’autres sujets que la pandémie. Nous travaillons actuellement sur l’organisation de la reprise des formations, car pour des raisons de continuité de service, elles ne pourront pas toutes se réaliser sur le dernier trimestre 2020. Une réflexion va prochainement s’engager avec les équipes de l’OPCO Santé en Nouvelle Aquitaine pour trouver des solutions optimales sur le glissement dans le temps de ces actions. »

*L’Association Saint-Joseph est un EHPAD.