Alternance : les chiffres-clés de l'année 2020

2 Avril 2021
L'apprentissage était un point-clé de la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » de septembre 2018. Élargissement des publics bénéficiaires, rémunérations plus attractives ou aides financières en faveur de certaines structures, elle a été pensée pour que jeunes et employeurs s'intéressent à la formation en alternance. 2019 a été l’année de mise en œuvre, mais 2020 a été la première année pleine de mise en vigueur de cette loi. Décryptage en chiffres.

Le contexte

Au début de la crise sanitaire, plusieurs inquiétudes ont émergé au sujet de la formation en alternance : manque de moyens, défaut d'attractivité ou encore baisse de l'activité des entreprises.

 

Pour pallier ces freins, le gouvernement a lancé le plan #1jeune1solution pour aider les jeunes de moins de 30 ans à s'insérer dans le marché de l'emploi. Une partie de ce plan concerne la formation en alternance : une aide exceptionnelle, de 5 000 € pour l'embauche d'un jeune de moins de 18 ans et de 8 000€ pour celle d'un jeune de plus de 18 ans, est allouée aux entreprises pour tout contrat de professionnalisation ou d'apprentissage. Ce soutien concerne les contrats signés avant le 31 mai 2021.

L'alternance en 2020

117

d'euros engagés pour l'alternance en 2020

8912

contrats d'alternance signés en 2020 répartis en >>

2033

contrats de professionnalisation

6879

contrats d'apprentissage

D'autres données sur l'alternance

 

  • Ce budget a été consacré en grande partie aux frais pédagogiques, mais aussi aux équipements et à l'hébergement.
  • La majorité des entreprises embauchant des alternants emploient plus de 300 salariés : 84% pour les contrats d'apprentissage et 62% pour les contrats de professionnalisation.
  • La plupart sont en faveur du secteur sanitaire, social et médico-social.
  • Les diplômes cœur de métier les plus visés sont ceux d'éducateur spécialisé, d'accompagnant éducatif et social et d'aide-soignant. Concernant les fonctions supports, la demande concerne plutôt les diplômes du management des organisations et du secrétariat et de l'administration.

Verbatim

« Les chiffres de l'alternance en 2020, notamment le nombre de contrats d'apprentissage conclus, sont très au-dessus des attentes du gouvernement. » Sylviane Leclercq, Responsable de l'alternance à l'OPCO Santé.

Que peut-on en conclure ?

C'est moins le cas des contrats de professionnalisation, dont les chiffres sont légèrement en dessous de ce qui était prévu.

 

Cet écart de volume s'explique surtout par le fait que la plupart des alternants de moins de 30 ans ont signé un contrat d'apprentissage, plus attractif pour eux. De plus, pour les associations notamment, ce type de contrat est plus avantageux à critères égaux pour une finalité diplômante équivalente car le « reste à charge » pour l'entreprise est moins important.

 

Les contrats de professionnalisation concernent davantage les personnes désirant entamer une formation professionnelle en vue d'une reconversion au-delà de 30 ans, et les jeunes de moins de 30 ans visant l'accès à une Certification de Qualification Professionnelle (CQP) ou une formation reconnue dans les conventions collectives.

La mise en place d’aides exceptionnelles

En 2020, la loi Avenir Professionnel entrait en vigueur et l'OPCO Santé gérait pour la première année l'apprentissage. La propension des établissements du secteur de se tourner vers l'apprentissage a sans doute été encouragée par deux aides gouvernementales.

 

D'une part, pour les structures embauchant moins de 250 salariés, la réforme offre un appui financier à l'embauche d'apprentis, quelque que soit la qualification visée.

 

En parallèle de ce soutien, les aides exceptionnelles du plan #1jeune1solution en faveur de l'embauche d'alternants, quels que soient la taille de l'entreprise et le niveau du diplôme, ont très certainement eu une influence sur le recrutement en alternance.